Cet OS se situe après l'épilogue du septième épisode... Harry et Ginny sont donc ensemble comme Ron et Hermione.
Cet OS est le dernier de l'année 2009. je vous souhaite donc à tous un joyeux noël et une bonne année. ^^
C'était un soir d'hiver semblable à tant d'autres. Dehors, la neige tombait doucement sur le sol froid de Londres. Dans le salon du 12, Square Grimmaurd, Harry regardait tranquillement la télévision. La maison avait beaucoup changé en dix-neuf ans : Harry et Ginny l'avaient entièrement rénovée. Pendant la publicité, le brun alla se chercher de quoi grignoter quand la sonnette retentit. Etonné, il se dirigea vers la porte et l'ouvrit. Il découvrit avec surprise une Hermione en pleurs sur le seuil. Elle avait l'air littéralement effondrée. Quand elle le vit, l'étonnement se lut sur son visage et elle demanda d'une toute petite voix :
-Ginny est là ?
-Non, elle est chez sa mère pour préparer l'anniversaire de Ron, expliqua-t-il.
Au nom de Ron, les larmes de la jeune fille redoublèrent. Stupéfait de la voir ainsi, Harry reprit :
-Mais, elle ne devrait plus tarder, je pense... Rentre donc.
Il s'effaça pour la laisser entrer. Puis, il l'emmena jusqu'au salon. Il ignorait ce qu'il devait faire... Jamais il ne l'avait vu si triste, plus précisément, jamais il n'avait vu quelqu'un de si affligé. D'un air un peu ennuyé, il lui proposa :
-Tu veux boire quelque chose ?
-Un thé peut-être... répondit-elle avec une ombre de sourire.
Harry lui sourit à son tour, un sourire gêné. Il se dirigea vers la cuisine, des questions plein la tête. Quelques minutes plus tard, il revint avec une tasse fumante dans les mains. Il la tendit à Hermione qui la prit, les mains tremblantes. Le jeune homme s'assit à côté d'elle. En la voyant pleurer de nouveau, il finit par lui poser la question qui le taraudait depuis tout à l'heure :
-Hermione, qu'est-ce qui se passe ? Tu as l'air vraiment mal...
-C'est rien... murmura-t-elle.
Mais dans ses yeux, Harry voyait bien qu'elle lui mentait, comme elle se mentait à elle-même d'ailleurs.
-Je vois bien qu'il y a quelque chose. On se fréquente depuis vingt-six ans alors je te connais par c½ur maintenant. Tu sais que tu peux tout me dire, non ? rétorqua-t-il d'une voix calme.
-Oui... répondit-elle en levant les yeux vers lui, à la recherche d'un réconfort qu'elle ne trouvait plus depuis longtemps. C'est juste qu'avec Ron, ça ne va pas fort...
Harry fut surpris : il ne savait pas que ça allait si mal entre eux. Chaque fois qu'il les voyait, ils paraissaient heureux. « Bien sûr, ils se sont toujours disputés mais jamais à ce point... » songea-t-il. Hermione but une gorgée de thé avant de poursuivre.
-On se dispute tout le temps, pour tout et pour rien. Tout y passe : les enfants, la maison, les décisions à prendre, même les courses sont un sujet à éviter. C'est simple : nous ne sommes jamais d'accord...
Devant cette constatation qui en disait long sur l'état pitoyable de leur couple, elle s'effondra, malgré elle, dans les bras de son meilleur ami. Celui-ci la serra contre lui pour la réconforter. Le parfum de la jeune fille lui parvint : il n'avait jamais remarqué qu'elle sentait si bon... Quant à elle, serrée contre son torse, elle observa à quel point il était musclé sous ses airs de faux maigre. Elle se sentait bien dans ses bras. « Cela fait combien de temps que Ron ne m'a pas enlacé ou serré contre lui ? Trop longtemps... » pensa-t-elle, tandis que les larmes recommencèrent à s'échapper de ses yeux noisette. Ils restèrent durant un long moment enlacés, même après que les yeux de la jeune fille soient redevenus secs. Au bout d'un instant, ils finirent par s'éloigner l'un de l'autre.
-Merci, dit-elle avec un petit sourire. Je crois que j'avais bien besoin d'en parler...
-C'est normal. Mais que s'est-il passé ce soir ? s'interrogea-t-il.
Hermione prit une grande inspiration puis elle raconta à son ami sa soirée qui était loin d'être gaie :
-J'étais entrain de finir de préparer le repas quand il est rentré, avec une heure et demi de retard, précisa-t-elle. Il s'est mis à ronchonner à propos de son boulot. J'ai essayé d'en savoir plus mais il m'a rembarré. Je n'ai rien répondu et il est allé de laver. Quand il est revenu, j'avais mis la table et j'étais entrain de le servir. Il s'est assis, sans rien dire. Nous avons mangé en silence. J'ai essayé d'engager la conversation, sans résultat. Mais bon, c'est comme ça tous les soirs... commenta-t-elle autant pour elle que pour Harry. Seulement, ce soir, nous devions parler des enfants. Je ne sais pas si tu es au courant mais Hugo s'est battu avec un Serpentard.
-Je n'étais pas au courant, dit-il.
-Enfin, je trouve qu'il faut le punir, poursuivit-elle. Il n'a pas à faire ce genre de choses. Mais, Ron désapprouve. Nous nous sommes donc disputés et il m'a balancé de vieilles histoires à la figure. Il m'a dit que je n'étais jamais de son avis, comme quand il a décidé de partir et que je suis restée avec toi pour chercher les Horcruxes... Ou alors que j'allais peut-être encore lui lancer des oiseaux à la figure. Je lui ai dit de se la fermer et qu'il devait tourner la page sur ces histoires ridicules. Il a alors éclaté et il a commencé à me hurler dessus. Je ne me suis pas laissé faire et, à la fin, j'ai cru qu'il allait me frapper, ou frapper quelque chose. Je suis donc partie... J'ai eu raison, non ?
Elle leva la tête vers lui, les yeux suppliants et brillants de larmes. Le jeune homme acquiesça de la tête. Il se rangeait de son côté. Il répondit à voix haute :
-Je suis d'accord avec toi pour punir Hugo. Ce n'est pas parce que nous avons les quatre cents coups à Poudlard que nous devons laisser nos enfants faire pareil.
- Ron, lui, considère que c'est bien que son fils se batte avec un Serpentard. Il alimente sa propre haine à travers lui. Il n'a jamais réussi à comprendre que c'est à cause de comportements semblables que les rivalités perdurent, constata-t-elle d'une voix morne.
-Hermione, j'ai une question qui me préoccupe. Tu aimes encore Ron ou pas ?
La jeune fille soupira malgré elle et elle répondit :
-C'est une question compliquée... Mais, je crois que non. Tu vois, toutes ces disputes incessantes ont détruit ce que nous ressentions l'un pour l'autre.
Elle éclata en sanglots devant le constat de l'échec de son histoire avec Ron. Il y a vingt ans, elle imaginait sa vie et, jamais, elle n'aurait cru que cela se passerait ainsi. Tous ses rêves étaient brisés... Elle renifla et Harry la prit une nouvelle fois dans ses bras tout en lui demandant :
-Pourquoi ne pas vous séparez ? Au moins, vous pourriez en parler...
-Tu crois que je n'ai pas tenté de lui faire comprendre ? Mais, à chaque fois, il met tout sur mon dos ! A l'entendre, je suis même responsable de la misère dans le monde ! Pourquoi on en est arrivé là, Harry ? Pourquoi ? Je n'ai donc pas le droit d'être heureuse ?
-Plus que n'importe qui, pensa-t-il à voix haute.
Il soupira silencieusement. Il comprenait ce qu'elle ressentait. La voir si malheureuse lui procurait une sensation bizarre dans la poitrine, au niveau de cet organe que l'on nomme le c½ur. Il éprouvait soudainement le désir de la protéger. Hermione se laissa aller contre lui. « Que ferais-je sans lui ? » s'interrogea-t-elle. « Il a toujours été là, fidèle lui-même, tellement gentil et attentionné... ». Doucement, ses lèvres se rapprochèrent de celle de son meilleur ami puis elle l'embrassa avec tendresse. La passion se mêla bientôt à ce baiser inattendu. Quand ils s'arrêtèrent, le souffle court, Hermione se rendit compte de ce qu'elle venait de faire et elle s'excusa :
-Désolée... Je ne sais pas ce qui m'a pris...
-Tu avais juste besoin de tendresse, tu es tellement bouleversée... Ne t'inquiète pas, il ne s'est rien passé.
La jeune fille ressassa ces paroles dans sa tête. Mais, le souvenir de leurs lèvres unies l'obsédait et elle n'avait qu'une envie : recommencer. Elle se rendit compte alors que ce n'était pas Ron qui lui était destiné mais Harry... Le jeune homme aussi éprouvait le désir impétueux de l'embrasser. « Qu'est-ce qui m'arrive ? Et Ginny alors ? » songea-t-il avec exaspération. Ce qui l'énervait surtout, c'était qu'il venait de comprendre une chose qu'il refoulait depuis ce jour où Ron avait détruit le médaillon : l'évidence que son c½ur avait toujours secrètement appartenu à Hermione, qu'il l'avait toujours aimé... Mais, il y avait Ginny et les enfants à présent... Vingt ans plus tôt, l'éventualité qu'Harry et Hermione finissent ensemble aurait pu devenir une réalité.
Mais, aujourd'hui, il était trop tard : trop de temps s'était écoulé...